Lundi 29 décembre 2008
C'est le grand vide, la plaie ouverte que l'on ne peux pas s'empêcher de regarder saigner, alors que la nature avec le temps va forcément la refermer. Il y aura de la souffrance, et une cicatrice plus ou moins visible selon la façon dont on a guéri. Oh forcément ce n'est qu'une histoire parmi tant d'autres toutes aussi malheureuses. Ce n'est pas le Vietnam, je ne suis pas dans une rizière, les jambes dévorées par les sangsues et la peur de tout ce qui m'entoure. Ne pas savoir ou est l'ennemi, ne pas savoir si je vais prendre une balle de cuivre chaud sous la peau dans les cinq secondes ou demain peut-être. Le cerveau rongé par la prise de conscience de ce qu'est la guerre. Se dire à quoi sert tout ça, qu'est-ce que je fous là à butter du viêt-minh, pourrais-je encore embrasser une fille ? Dans le meilleur des cas, je retournerai chez moi, ou le pire m'attend, mais je ne le sais pas encore...
Non, ce n'est pas le Vietnam, mais c'est ma douleur, mon combat. Et si un jour les Hommes arrêtent de se mettre sur la gueule, il restera toujours les conflits et de la souffrance issus de l'Amour.

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Mercredi 3 décembre 2008
Mal au ventre, respiration difficile, c'est à chaque fois les mêmes symptômes... Ca faisait 4 ans qu'on vivait ensemble. Et même séparés, on a vécu des années ensemble, l'un contre l'autre. Une complicité que certaines personnes mariées n'ont peut-être jamais connu. Elle m'a quitté, après deux mois difficiles. pourtant il manquait deux semaines pour que je la rejoigne, que je me remette à côté d'elle comme depuis le début. Cette dernière année d'éloignement géographique aura eu raison de la liaison moléculaire dont la fréquence battait au rythme de nos éclats de rire. Quelque chose est entré en résonance, le silence qui a précédé le crack nous a tué. Pourquoi on ne se parle pas quand on s'aime autant, peut être parce que ça va sans dire... Mon ange s'est envolé, j'ai perdu sa protection, j'ai perdu ma force. Je ne me nourris plus, c'est quand on n'a plus de force qu'il en faut une quantité énorme pour se relever. Elle ne savait pas à quel point je l'aimais, mais je crois que moi non plus. Mon passé émotionnel m'a fait prendre une attitude d'anamour afin de me protéger. Un électrochoc était nécessaire, mais cette situation étant paradoxale la fin devait être écrite. Mais se sentir vivant c'est refuser la fatalité. Alors j'ai un combat, le plus éprouvant de ma vie. Et si je la rattrape au vol, ce sera par le bout de son aile. Angélique je t'aime.
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Mercredi 19 novembre 2008
Tu sais Julie, il y a eu une époque ou la pensée allait tout azimut, ou les idées foisonnaient, souvent dans l'excès, on les appelait les trente glorieuses. L'utopie y était légion et les gens allaient jusqu'au bout de leurs idées. Changer le monde était le mot d'ordre, et la phrase "On peut tout !" y avait toute sa valeur. Dans ce creuset bouillonnant d'expériences, on a pu voir s'y former la minijupe, le rock psychédélique, les designs futuristes, la conquête spatiale. On pouvait y voir des jeunes aux cheveux long danser en cravate sur des musiques aux rythme exagéré, des femmes en robe de métal, ou des surfeurs adossés à leur pick-up au milieu de la plage savourant un Chamallow grillé. D'ailleurs tout cela s'entend dans la musique qu'elle nous a laissé.
De cette époque je suis né, j'en ai respiré l'air, je m'en suis imprégné sans trop comprendre ce que je vivais. Je me suis construit sur ces fondations, et à chaque fois que mon esprit décèle un concept qui en est issu, mon corps entre en résonance. Car c'est de ce grand laboratoire générationnel que sont sorti les principales briques qui architecturent la culture d'aujourd'hui.


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Dimanche 5 octobre 2008
Je viens de m'appercevoir avec horreur que je bois ma bière à chaque fois de la même façon. Je commence toujours par trois gorgées dont la première passe sous la langue. Je suis une mécanique animale. A la COGIP certaines situations déclanchent immanquablement les phrases du genre "Cela sera répété, déformé, amplifié..." ou "Je ne t'embrasse pas mais le coeur y est !". C'est du Pavlovisme caractérisé. Il est difficile de s'extraire ne nos ornières. Le "punk à chien" qui pense s'être extrait du groupe, se remet lui même dans sa ornière, il applique un pattern puisque justement il est "punk à chien". C'est en prenant du recul qu'il est possible de voir ces patterns dont nous sommes esclaves. Une boule de flipper lancée toujours exactement de la même manière, fera toujours exactement le même parcours, c'est comme çà. Le monde est fractale, les répétitions sont présentes quelque soit le niveau d'analyse, micro ou macro. Nous avons juste l'impression d'avoir le choix. De toute façon si les lois de la nature existent, cela induit que tout est écrit, même ce post ;).
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Vendredi 15 août 2008
Le soir je termine sur un échec et la force n'est plus avec moi. Il est plus facile de gagner que de perdre mais il faut savoir abandonner. Je démarre l'automobile et quitte mon travail. Heureusement que le vieux Zeppelin me caresse l'oreille en sortant de l'autoroute. Un parfum de blé entremêlé de senteurs fleuries envahie la voiture alors que je traverse les champs fraichement moissonnés. Tout ça pour me dire qu'après tout il y a des choses plus importantes, des plaisirs simples.
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