Jeudi 15 juin 2006
Deux heures, c'est le temps qui m'est alloué pour "m'amuser". Je me demande comment font les autres ?... Alors je triche, je pénètre la nuit minutes après minutes avec ce sentiment de culpabilité envers le moi de demain. Quel enfoiré ce moi d'hier, il ne m'a laisser que 5 heures pour dormir. Impossible de me venger, il n'existe plus. Et puis la transformation se produit inévitablement , tous les soirs, le brigand du someil s'éveille élaborant son fait accompli.
Le soir je me retrouve seul dans l'immeuble, je ferme les fenêtres et médite sur le batiment d'en face, vide depuis 17h00. A cet instant j'ai toujours un sentiment de liberté absolue, sans raison. A cet instant, le devoir accompli je fait ce que je veux. Mais l'histoire est toujours la même, je rentre et commence la métamorphose. Je vis dans un monde parallele, je suis un fantome.
Au début il a la vielle AX ou la 106 cabossée que papa nous a trouvé dans La Centrale. Certains roulent avec la vieille berline spacieuse que le patriarche a légué pour acheter celle avec la clim et le GPS qui cause feminin. Quand papa est gentil, c'est la Twingo neuve... Puis après quelques salaires, on s'achète (à crédit) "Notre automobile à nous". En général une Clio ou une 307 selon les goûts ou la proximité du concessionnaire. On fait toujours une affaire car le commercial de chez Renault, nous a appelé par notre nom et nous a fait 10%... "Parce que c'est vous". Les filles coquettes, ou "bonasses" optent plutôt pour le type "Mini Cooper", mais gard aux années, on peut y finir vielle peau. Après, le ventre gonfle comme un ballon de rugby, il faut donc un véhicule familial ayant la même forme. Le Scénic (diminutif de "J'sais niquer") est fait pour vous, cet exo-ventre oval comme au neuvième mois pourra comporter jusqu'a 5 enfants et le mari qui va avec. Le 806 étant la version bourgeoise avec des porte gobelets plus mieux. Quand on est yupee et qu'on se sent au dessus de tout le monde, le "4x4" BM X5 vous permettra de voir la France d'en haut (et les jupes des filles dans les Mini Cooper). Le break Audi étant réservé aux cadres dynamiques quadragénaires sans distinction de sexe. Pendant que les vieilles berline bourgeoise come les R25, les CX et autres 605 trouvent un second souffle chez les manouches et les brigands à la petite semaine. Dans cette grande course automobile, on oublie complètement de passer par l'étape détente avec le bus VW et ses surfs sur le toit (à vivre ;-). Ou même d'avoir un vrai 4x4 pour s'évader sans faire semblant et revenir riche. Mais pour ça, il faut mettre les mains dans le cambouis.
L'Univers est en expansion, ce n'est pas moi qui le dis. Aujourd'hui, il y a la malbouffe, la musique académique, les blockbusters, et la littérature à deux balles. On tombe facilement dans la ornière "C'était mieux avant". Mais ça me parait être une erreur. C'est justement parce qu'inéluctablement l'univers est en expansion. C'est une loi de la nature contre laquelle pauvres terriens, ne pouvons rien. L'espace s'étend, le choix avec. La seule tactique à adopter est de réduire son périmètre pour ne conserver que le meilleur. Moins mais mieux. Moins d'artéfacts sans lendemains, moins de bruit dans le signal, et vous finirez par le réentendre le Stradivarius de grand papa.
Certains soir je la veux Andalouse, grande bourgeoise ou petite folle. C'est celle là... ou plutôt celle-ci... Oui, avec elle c'est l'aventure, l'Amazonie. Non, plutôt elle qui à l'air douce. Je m'enivre. Sans le savoir, elles passent quelques secondes dans ma vie et s'envolent avec moi. Je m'enivre encore. Parfois quelques mots échangés, un rôle, un jeu. Je me noie, ivre de femmes. Alors par réaction immunitaire, je les dégueule, tous ces morceaux de vie sortent, c'est l'overdose. S'en suit un commas écroulé sur le trottoir dans ma vinasse, les gens m'enjambent, la réalité reprend son cours.
Monté sur Paname pour éviter la soirée canapé et faire la fête quelque soit le résultat des élections, je pose mon char Gare De Lyon. Puis direction La Concorde, nous cherchons un bar avec TV pour refaire le monde avec une bière. Le patron nous dit "On ferme parce que ça va péter !...", alors la course au bar ouvert commence. On atterri dans un minuscule bar à vin ou se trouvent quelques habitués dont un ancien légionnaire, sa femme et sa fille, une personne d'origine algérienne, une autre d'origine marocaine, un futur député et sa copine, une vielle dame qui pique et un américain perdu. Peu à peu le blanc coule à flot et le repas nous est offert pendant qu'on refait le monde autour d'un colonel bien corsé (merci Bernard). On finit dans un bar gay avec la Diva de Paris qui chante Dalida juste pour nous. Discussion avec un black qui vote FN, puis on refait le monde en rose. Rapide passage à la Concorde... Vide. Hep taxi ! La "chinoise de poche" au volant nous dit "Gare de Lyon !!! Ok mais pas arrêter longtemps !!!". Mon char est intact malgré la lame de fond anarchique qui a tout dévasté sur son passage. Ici, c'est soirée vitrines ouvertes et voitures très mal garées. Le matériel informatique de la Société Géniale fume encore sur le pavé. Une pharmacie s'est agrandie sur le trottoir, et le magasin de portable n'a plus de tonalité. Un employé de l'entretient, désabusé, est adossé à son camion et souffle épuisé d'avoir nettoyé déjà la moitié de la rue de Lyon. Il est 4 heures ed', quelques noctambus se faufilent entre les jardinières et autres restes de barricades. Quand l'anar... chie, y'a plus qu'a tirer la chasse et aller se coucher.
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