La douleur m'égare, la névralgie cervico-brachiale me procure une douleur permanente qui fait que j'acquière une humilité forcée. Je profite donc de cette période pour poser ma pensée en prose à titre d'expérience. Je pense à ces moments ou après avoir trop bu j'aime tout le monde bêtement, ou encore après une expérience stupéfiante mon corps et mon esprit se séparent. Je rapproche cet état de celui vécu lorsque j'étais juré, mon avis se balançait au gré des plaidoiries de chacune des deux parties. On se sent animal, n'obéissant plus qu'à des réflexes primaires, oubliant nos acquis. Cette désagréable impression d'être manipulé par un être, une substance ou une sensation. Pourtant, j'aime me laisser aller.
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...si vous n'aviez pas quitté Marie-Paule, si vous n'aviez pas été mis à l'inquisition, si vous n'aviez pas couru l'Amérique à pied, si vous n'aviez pas donné un bon coup d'épée au baron, si
vous n'aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d'Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches. Cela est bien dit, répondis-je, mais il faut cultiver notre jardin,
et retrouver "Marie-Paule".
Voilà treize ans que j'ai fermé la porte de ma cellule à clé, puis j'ai jeté la clé au fond de ma tête. Personne à ce jour n'a pu ouvrir cette porte.
Bien sur, Marie-Paule est quelque part, mais elle n'existe plus. Je dois tout reconstruire, cela me parait tellement difficile dans la jungle des sentiments. Marie-Paule, si tu savais comme je t'ai
aimé. La faute à moi, la faute à l'espace et au temps, ou à la théorie des cordes...
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Mercredi 19 novembre 2008
Tu sais Julie, il y a eu une époque ou la pensée allait tout azimut, ou les idées foisonnaient, souvent dans l'excès, on les appelait les trente glorieuses.
L'utopie y était légion et les gens allaient jusqu'au bout de leurs idées. Changer le monde était le mot d'ordre, et la phrase "On peut tout !" y avait toute sa valeur. Dans ce creuset bouillonnant
d'expériences, on a pu voir s'y former la minijupe, le rock psychédélique, les designs futuristes, la conquête spatiale. On pouvait y voir des jeunes aux cheveux long danser en cravate sur des
musiques aux rythme exagéré, des femmes en robe de métal, ou des surfeurs adossés à leur pick-up au milieu de la plage savourant un Chamallow grillé. D'ailleurs tout cela s'entend dans la musique
qu'elle nous a laissé.
De cette époque je suis né, j'en ai respiré l'air, je m'en suis imprégné sans trop comprendre ce que je vivais. Je me suis construit sur ces fondations, et à chaque fois que mon esprit décèle un
concept qui en est issu, mon corps entre en résonance. Car c'est de ce grand laboratoire générationnel que sont sorti les principales briques qui architecturent la culture d'aujourd'hui.
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