Personne

Mardi 5 décembre 2006

La douleur m'égare, la névralgie cervico-brachiale me procure une douleur permanente qui fait que j'acquière une humilité forcée. Je profite donc de cette période pour poser ma pensée en prose à titre d'expérience. Je pense à ces moments ou après avoir trop bu j'aime tout le monde bêtement, ou encore après une expérience stupéfiante mon corps et mon esprit se séparent. Je rapproche cet état de celui vécu lorsque j'étais juré, mon avis se balançait au gré des plaidoiries de chacune des deux parties. On se sent animal, n'obéissant plus qu'à des réflexes primaires, oubliant nos acquis. Cette désagréable impression d'être manipulé par un être, une substance ou une sensation. Pourtant, j'aime me laisser aller.

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Mardi 27 février 2007
Quand j'étais petit, tout petit... Oh, je m'arrivais à peu près là... j'écoutait tous les midi sur France-Inter, l'émission de Jean Yanne "L'apocalypse est pour demain". Je me souviens de cette scène ou le héro en voiture, devait choisir entre trois routes dans un tunnel. Il prit celle du milieu, et regardant à droite & à gauche vit les deux autres voitures se faire découper par de gigantesques scies circulaires. Il avait fait le bon choix et pouvait continuer son aventure. J'ai souvent vu des gens tomber autour de moi, j'ai du faire les bons choix. En ce moment, j'ai la nette impression que les choix qui me sauvent se font sur des éléments que je viens tout juste d'acquérir. Exaltante sensation du surfeur, devant ça déroule, derrière c'est le déluge.
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Mercredi 11 juin 2008
...si vous n'aviez pas quitté Marie-Paule, si vous n'aviez pas été mis à l'inquisition, si vous n'aviez pas couru l'Amérique à pied, si vous n'aviez pas donné un bon coup d'épée au baron, si vous n'aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d'Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches. Cela est bien dit, répondis-je, mais il faut cultiver notre jardin, et retrouver "Marie-Paule".
Voilà treize ans que j'ai fermé la porte de ma cellule à clé, puis j'ai jeté la clé au fond de ma tête. Personne à ce jour n'a pu ouvrir cette porte.
Bien sur, Marie-Paule est quelque part, mais elle n'existe plus. Je dois tout reconstruire, cela me parait tellement difficile dans la jungle des sentiments. Marie-Paule, si tu savais comme je t'ai aimé. La faute à moi, la faute à l'espace et au temps, ou à la théorie des cordes...
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Mercredi 19 novembre 2008
Tu sais Julie, il y a eu une époque ou la pensée allait tout azimut, ou les idées foisonnaient, souvent dans l'excès, on les appelait les trente glorieuses. L'utopie y était légion et les gens allaient jusqu'au bout de leurs idées. Changer le monde était le mot d'ordre, et la phrase "On peut tout !" y avait toute sa valeur. Dans ce creuset bouillonnant d'expériences, on a pu voir s'y former la minijupe, le rock psychédélique, les designs futuristes, la conquête spatiale. On pouvait y voir des jeunes aux cheveux long danser en cravate sur des musiques aux rythme exagéré, des femmes en robe de métal, ou des surfeurs adossés à leur pick-up au milieu de la plage savourant un Chamallow grillé. D'ailleurs tout cela s'entend dans la musique qu'elle nous a laissé.
De cette époque je suis né, j'en ai respiré l'air, je m'en suis imprégné sans trop comprendre ce que je vivais. Je me suis construit sur ces fondations, et à chaque fois que mon esprit décèle un concept qui en est issu, mon corps entre en résonance. Car c'est de ce grand laboratoire générationnel que sont sorti les principales briques qui architecturent la culture d'aujourd'hui.


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Mercredi 3 décembre 2008
Mal au ventre, respiration difficile, c'est à chaque fois les mêmes symptômes... Ca faisait 4 ans qu'on vivait ensemble. Et même séparés, on a vécu des années ensemble, l'un contre l'autre. Une complicité que certaines personnes mariées n'ont peut-être jamais connu. Elle m'a quitté, après deux mois difficiles. pourtant il manquait deux semaines pour que je la rejoigne, que je me remette à côté d'elle comme depuis le début. Cette dernière année d'éloignement géographique aura eu raison de la liaison moléculaire dont la fréquence battait au rythme de nos éclats de rire. Quelque chose est entré en résonance, le silence qui a précédé le crack nous a tué. Pourquoi on ne se parle pas quand on s'aime autant, peut être parce que ça va sans dire... Mon ange s'est envolé, j'ai perdu sa protection, j'ai perdu ma force. Je ne me nourris plus, c'est quand on n'a plus de force qu'il en faut une quantité énorme pour se relever. Elle ne savait pas à quel point je l'aimais, mais je crois que moi non plus. Mon passé émotionnel m'a fait prendre une attitude d'anamour afin de me protéger. Un électrochoc était nécessaire, mais cette situation étant paradoxale la fin devait être écrite. Mais se sentir vivant c'est refuser la fatalité. Alors j'ai un combat, le plus éprouvant de ma vie. Et si je la rattrape au vol, ce sera par le bout de son aile. Angélique je t'aime.
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